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SOPK : Diagnostiquer et traiter le syndrôme des ovaires polykystiques

SOPK/ SOMP : Diagnostiquer et traiter

Depuis mai 2026, un consensus international a adopté une nouvelle dénomination : le Syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP) (en anglais PMOS – Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome), remplaçant progressivement le terme SOPK/PCOS. Ce changement reflète mieux la nature endocrinienne et métabolique de cette affection, qui ne se résume pas à la présence d’ « ovaires polykystiques » ou de kystes. Il n’existe en effet aucun kyste dans le syndrome des ovaires microploykystques mais des follicules antraux (dernier stade de maturation avant l’ovulation) en excès.

Comment diagnostiquer le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien SOMP (anciennement SOPK) ?

Le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP), anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), est une affection endocrinienne fréquente qui touche environ 1 femme sur 8 en âge de procréer. Il s'agit d'un trouble chronique qui associe, à des degrés variables, des anomalies de l'ovulation, un excès d'androgènes (hormones masculines) et des perturbations métaboliques. Toutes les femmes n’ont pas les mêmes symptômes

Le diagnostic repose toujours sur les critères de Rotterdam, après avoir éliminé les autres causes pouvant expliquer les symptômes (hyperprolactinémie, maladies thyroïdiennes, hyperplasie congénitale des surrénales, syndrome de Cushing, etc.).

Le diagnostic est retenu lorsque au moins deux des trois critères suivants sont présents :

  • Une oligo-ovulation ou une anovulation chronique, se traduisant par des cycles menstruels irréguliers (généralement supérieurs à 35 jours entre le 1er jour des règles et le 1er jour des règles suivantes) voire une absence de règles (aménorrhée)
  • Un excès d'androgènes, mis en évidence soit cliniquement (acné persistante, pilosité excessive, chute de cheveux de type androgénétique), soit biologiquement par une augmentation des androgènes sanguins.
  • A l'échographie, avec un nombre augmenté de petits follicules antraux ceux compris entre 2 et 9mm (généralement ≥ 20 follicules par ovaire. Un taux élevé d'AMH (hormone anti-müllérienne) peut constituer un marqueur complémentaire, sans toutefois remplacer à lui seul les critères diagnostiques.

Contrairement à ce que suggérait l'ancienne appellation, il ne s'agit pas de véritables kystes ovariens, mais d'une accumulation de petits follicules immatures.

Une maladie qui dépasse les ovaires

Le changement de nom souligne que cette affection est polyendocrinienne et métabolique.

De nombreuses patientes présentent une résistance à l'insuline, même lorsqu'elles ne sont pas en surpoids. Cette anomalie favorise le risque de prédiabète et diabète de type 2, la prise de poids ou difficultés à perdre du poids, les anomalies du choléstréol, l’hypertension artérielle, le syndrome d'apnées du sommeil, de stéatose hépatique (NASH) ou de maladies cardiovasculaires à long terme.

C’est pour cela que la prise en charge doit être globale

Le syndrome peut également avoir un retentissement important sur la santé mentale, avec une fréquence accrue d'anxiété, de dépression et d'altération de la qualité de vie. Les recommandations internationales insistent désormais sur le dépistage systématique de ces comorbidités.

Le SOMP est une affection constitutionnelle qui débute généralement dès la puberté et persiste durant toute la vie reproductive, même si les cycles menstruels tendent souvent à devenir plus réguliers avec l'âge. Une prédisposition familiale est fréquente.

La prise en charge dépend des symptômes, du projet de grossesse et du profil métabolique de chaque femme.

Mesures de première intention

Quel que soit le projet de grossesse, l’amélioration de l’hygiène de vie en misant sur une alimentation équilibrée (pauvre en sucre rapide) et une activité physique régulière est primordiale. Ces premières mesures sont essentielles et font partie à part entière du traitement. Lorsque cela est nécessaire, on peut y associer une perte de poids.

Le dépistage et le traitement des facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques doit être réalisé.

Chez les patientes présentant une résistance à l'insuline ou un prédiabète, la metformine peut être proposée dans certaines situations, en complément des mesures hygiéno-diététiques.

Quels sont les traitements possibles en cas d’infertilité sur SOMP ou SOPK ?

Lorsque le syndrome est responsable d'une infertilité liée à l'absence d'ovulation, plusieurs traitements peuvent être proposés.

  1. Induction de l'ovulation (première intention)

Le létrozole (Fémara®) est aujourd'hui le traitement recommandé en première intention par la société européenne de fertilité mais il n’a pas l’AMM en France car il offre de meilleurs taux d'ovulation et de grossesse que le citrate de clomifène.

Le citrate de clomiphène (Clomid®) peut également être proposé à raison d’un à deux comprimé(s) par jour du 2ème ou 6ème jour du cycle.

  1. En cas d'échec

Plusieurs options peuvent être envisagées :

  • La stimulation ovarienne par gonadotrophines (Gonal-f®, Puregon®, Bemfola®, Menopur®, Fertistart®) sous surveillance échographique ; On débutera à une dose faible en essayant de faire grossir un seul follicule. Chez les patientes avec SOPK la stimulation peut être longue durant parfois jusqu’à 30 jours.
  • La chirurgie ovarienne par drilling ovarien, dans certaines situations sélectionnées, visant à réduire la masse folliculaire et à permettre de restaurer une ovulation spontanée.
  1. Assistance médicale à la procréation (AMP)

La fécondation in vitro peut être proposée en cas d'échec des traitements précédents ou lorsqu'un autre facteur d'infertilité est associé (facteur tubaire ou masculin). Les patientes avec SOPK présentent un risque accru de syndrome d’hyperstimulation ovarienne. Il sera donc souvent privilégier une stratégie en deux temps avec dans un premier temps la ponction avec congélation des embryons puis dans un deuxième temps le transfert embryonnaire à distance, évitant ainsi les situations à risque

 

À retenir

Le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP) ou SOPK est une affection endocrinienne chronique dont les manifestations concernent la reproduction, le métabolisme, la peau et la santé psychologique. La présence de petits follicules à l'échographie n'est qu'un des aspects de la maladie et n'est ni indispensable ni suffisante pour établir le diagnostic. La prise en charge est désormais globale, personnalisée et centrée autant sur la santé métabolique que sur la fertilité et la qualité de vie.

 

Bibliographie:

  1. Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary SyndromeFertil Steril 2023;120(4):767–793. doi:10.1016/j.fertnstert.2023.07.025. PMID: 37589624. Aussi : version Hum Reprod en libre accès.
  2. ASRM. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome (2023).
  3. Teede HJ, Bahri Khomami M, Morman R, et al. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: a multistep global consensus processLancet. 2026;407(10545):2329–2339. doi:10.1016/S0140-6736(26)00717-8. PMID: 42119588.
  4. ASRM. PCOS is now PMOS: understanding the name change. 27 mai 2026.
  5. Endocrine Society. PCOS name change. 2026.
  6. ASRM Practice Committee. Prevention of moderate and severe ovarian hyperstimulation syndrome: a guideline. 2023.
  7. ESHRE Guideline Group on Ovarian Stimulation, Ata B, Bosch E, Broer S, et al. ESHRE guideline: ovarian stimulation for IVF/ICSI: an update in 2025Hum Reprod. 2026;41(4):498–514. doi:10.1093/humrep/deag018. PMID: 41732035. Aussi : page ESHRE.

 

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